2015

23ème salon du Groupement Artistiques Trélazéen, du 13 au 22 novembre 2015

salon GAT

Exposition de peintures et sculptures organisée par le Groupement Artistique Trélazéen.
Visible tous les jours de 14h à 18h30 – Entrée libre

 

 

 

49 REGARDS 24e salon d’artistes contemporains aux Anciennes écuries de Trélazé

affiche 49 regards 2015

Exposition de peintures, sculptures, gravures, textiles…

du 23 octobre au 1er novembre 2015

Pour ce 24ème salon, Dominique Bellanger recevra le Chevalet d’Or.

Une soixantaine d’artistes et 150 œuvres sont exposés dont 34 peintres, 18 sculpteurs, 9 graveurs, 2 textiles :

Sans titre

LAURENT NOËL
SIGNES PARTICULIERS

Exposition du 12 septembre au 4 octobre 2015

Entrée libre tous les jours, de 14h30 à 19h sauf le lundi

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L’exposition de Laurent Noël Signes particuliers (peintures 2005-2015) retrace les dix dernières années d’un parcours artistique à la continuité évidente.

Qu’il dialogue avec Francis Ponge ou s’attarde sur des éléments de la nature, le sujet n’est chez lui que motif, prétexte à peindre, et chaque toile est un lieu où se rassemblent images, écritures et textures. De sa gestation à son aboutissement, l’œuvre contient tous les temps forts de son élaboration, figure le moment de la peinture et lui donne corps, présence et durée.

L’écriture calligraphiée, toujours présente, reste toutefois illisible, pleine de son mystère. Tout en animant rythmiquement la surface du tableau, elle porte sans doute en elle, la pensée de l’artiste et le récit de l’histoire de l’œuvre.

Les titres aux sens multiples accompagnent la toile, leur ambiguïté ouvre l’imaginaire du spectateur. Dans ses dernières toiles Laurent Noël traduit par des sensations visuelles et mémorielles les flux d’une nature vivante, toujours changeante, aux humeurs imprévisibles. Pleins et vides, noirs et blancs ou surfaces colorées, irisées, masses sinueuses, escarpées ou déchiquetées s’imbriquent, se cognent ou s’épousent dans une unité qui confond les éléments. Cette articulation d’ondulations frémissantes et de formes vigoureuses mais mouvantes, déployées, s’apparente à une cosmogonie océanique dans laquelle le spectateur semble flotter au dessus des airs, sans repères, dans cet espace pictural à la palette audacieuse.

Cadrages, points de vue multiples, visions panoramiques, couleurs, lignes, surfaces donnent naissance à un rythme vibrant, agité ou paisible, traduisant l’impermanence du monde et le mystère de la beauté immatérielle.
Calligraphie, poésie, art sigillaire répondent à un paradigme esthétique nourri de peinture orientale ; tout comme l’absence de présence humaine entre en résonance avec la pensée asiatique dans laquelle l’Homme n’est pas au centre du monde mais seulement l’une de ses composantes. Dans cette peinture sérielle, la répétition intensive donne naissance à une dynamique de l’œuvre qui permet de saisir le sens du processus créatif de l’artiste telle une tentative d’épuisement des formes et la fixation de la beauté de l’instant.

Rose Lecompte, historienne d’art

PORTRAIT
par Odile Hervé Bazin*

Laurent Noël, un vrai créateur, qui doute mais qui ose, en toute exigence. Il prend des chemins à lui et avance, définitivement installé dans sa liberté. L’homme est sociable certes, mais incorrigiblement rebelle. Les mondanités, flatteries et roucoulements, arrivismes et crocs-en-jambe pour arriver le premier dans la course aux honneurs, à la célébrité… Non, pas pour lui. Il ne peut pas, cela ne l’intéresse pas. Lui, il cherche et il peint. Laurent Noël donne à voir et à ressentir — « le tableau doit avoir une résonance, un écho par l’intérieur » —, c’est cela qui importe.
« Le monde est bavard, bruyant, mais converse peu. Parler à plusieurs en écoutant chacun, apporter sa mise tout en tenant compte des autres, voilà une situation qui se rencontre de moins en moins », constate-t-il.
Laurent Noël a besoin de partager et de transmettre. L’enseignement dans son « atelier de la ville » prend une part importante de son temps : « j’ai besoin d’enseigner, ça me tient social.

J’ai besoin de travailler seul dans ma retraite, ça me tient marginal ». Un tableau pour Laurent Noël est à la fois « artisanal et artistique », « manuel et intellectuel ». « La peinture, affirme-t-il, est une philosophie manuelle et salissante ».
Créer la couleur, trouver l’ingrédient ou l’astuce qui appuiera la pensée et permettra à celle-ci d’être exprimée…
Chaque tableau de Laurent Noël, à force d’exigence, finit par devenir limpide et tellement évident. Mais attention, ce n’est pas si simple, dit le peintre, car pour lui : « une œuvre sans question est une œuvre stérile ». Seule compte celle qui « contient de l’insaisissable ».
Laurent Noël est totalement, absolument peintre au plus profond de lui-même. Il peint comme il respire, comme il existe. Peindre, en quête jusqu’à la folie lorsque la création vous échappe, joue à se dérober, et s’acharner au maximum de soi-même jusqu’à ce qu’enfin l’idée et le tableau soient en concordance.
Laurent Noël connaît cela.

Peintre mais aussi écrivain, et l’exigence de son écriture est à l’image de celle de sa peinture. Poète aussi : « le soir, c’est le brisant du jour. Alors on pleure. »
Et non dépourvu d’humour : « La toile est terminée, qu’elle aille se faire pendre ailleurs.» Mais la toile, une fois pendue ailleurs, le peintre, lui continue sa route.
Il cherche d’autres voies.
C’est ainsi.
Laurent Noël est homme et peintre. Indissociable.
Cet « homme-peintre » ne peindrait-il pas pour survivre ? « Je voudrais tant peindre des toiles qui durent, pour que je dure un peu plus. »
Beau cadeau que celui offert par le peintre : l’émotion indéfinissable, proche de la plénitude, comme la découverte de quelque chose enfoui loin au fond de soi, qui nous envahit devant ses toiles.
Une part d’éternité dans le provisoire de nos vies.

*Extraits de la préface du livre « les arrière-pensées », Editions les 2 encres, 2007

ON-DIT
(presse et commentaires)

« Œuvrant en transparence et par superpositions de différentes techniques, il produit des toiles
semblables à des palimpsestes ou s’entrelacent dessins, calligraphies et monotypes rehaussés de
glacis. »
– Pratique des Arts, 2005

« Assemblages de couleurs rares, des ocres, des bleus assourdis, des pourpres profonds, glacis et fausses
monochromies, compositions à sujets multiples, un goût pour les cadres qui apparaissent à l’intérieur
même du tableau.
Laurent Noël est un homme pour qui la peinture est à lire comme un ensemble de signes, sur lesquels
l’intelligence peut travailler autant que l’oeil et que la faculté d’émotion.»
NM juin 2006

« L’oeuvre peinte de Laurent Noël s’accompagne depuis toujours d’une réflexion approfondie sur la
démarche picturale, ses techniques, sa production de sens. Derrière ses écrits, apparaissent en filigrane
ses images, tandis que des manuscrits emplissent l’arrière-plan de ses toiles. Calligraphie, écriture,
couleurs expriment de façon sensible et sensitive une méditation continue sur l’art et le temps.
Les combinaisons de formes et d’écriture concrétisent sa manière de représenter le temps, à son sens le
seul vrai sujet de la peinture. »
YB juin 2006

« Laurent Noël donne à voir des peintures à mi-chemin entre abstraction et figuration, toutes de poésie.
Le papier de riz se prête à tous les jeux de transparence, sublimant les noirs et les gris vivifiés par le
mouvement souple et expressif du pinceau. »
7 jours /Rennes janvier 2006

« Un travail cohérent, à lire, à rêver, à éprouver » Le Scéno, septembre 2012
« Son travail méditatif et poétique est aux chaudes couleurs de sa terre »
Ouest-France, 2 octobre 2014

« La production de Laurent Noël n’est pas superficielle et encore moins anecdotique. Ses paysages
intimes nous renvoie à nos propres souvenirs, à tous ces lieux familiers qui nous construisent et nous
hantent aussi parfois. »
B. Guyomar, le Courrier de l’Ouest, septembre 2014

« La peinture de Laurent Noël aborde le temps dans sa relativité et sa subjectivité à travers les rapports
étroits et complexes entre vulnérabilité de l’Homme et immuabilité d’une nature démesurée, mais
propice à l’introspection ou la contemplation. Ni fortuite, ni décorative, cette peinture existentialiste
place l’Homme dans sa solitude face à ses questionnements, ses mutations, ses espoirs. »
Rose Lecompte, 2014

 

 

 

Journées du Patrimoine 2015 : inauguration de l’exposition numérique de Trélazé

Affiche musée numérique

Les 19 et 20 septembre, à l’occasion des Journées européennes du Patrimoine, vous êtes invités à l’inauguration de notre nouvelle exposition numérique : « Trélazé, un urbanisme forgé par l’ardoise » !

Au programme,  une projection publique et des visites commentées avec une présentation de :

  • cartes évolutives,
  • de  documents d’archives,
  • de témoignages audio et vidéo qui retracent précisément comment l’ardoise et son exploitation ont véritablement forgé l’urbanisme de Trélazé.

Les visites commentées auront lieu le samedi 19 et le dimanche 20 septembre à 14h30, à 15h30, à 16h30 et à 17h30 dans l’espace numérique de la médiathèque, chemin de la Maraîchère.

Durée des visites : 30 minutes

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Le teaser en vidéo :

Venez découvrir l’exposition de la 20ème édition du Festival estival !

 

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Le Festival estival fête ses 20 ans. Cet anniversaire nous est prétexte à présenter aux Anciennes écuries des ardoisières, notre espace d’art contemporain, une sélection d’œuvres de la collection municipale et de la donation du Lions club d’Angers.

Les Anciennes écuries des ardoisières matérialisent l’ambition trélazéenne et rendent publique sa fonction d’acteur-promoteur des arts. Cet équipement nous permet d’institutionnaliser la rencontre entre les artistes professionnels et les citoyens.

Ce centre d’art contemporain confirme l’implication accrue de l’art dans la cité, dans son sens le plus large, pénétrant aussi peu à peu les publics dont l’intérêt ne se porte pas à priori dans le domaine des arts.

La ville a décidé de promouvoir les créations artistiques locales et régionales au même titre que celles d’artistes internationaux.

La diversité des codes d’expression et des moyens techniques utilisés dans la création artistique permet au visiteur d’appréhender, de manière quasi universelle, la richesse des langages de la sensibilité. Implicitement, cette approche politique met en exergue les valeurs de démocratie liées à la pluralité formelle des arts au regard de la diversité culturelle pour qui ces différentes expressions se destinent.

Trélazé scelle ainsi une réponse institutionnelle à la demande plurielle du citoyen.

Les œuvres que nous exposons ont toutes jalonné, plus ou moins individuellement nos expositions. Elles constituent un témoignage de la médiation des arts, engagée à Trélazé depuis 1996, le Festival estival en toile de fond en quelque sorte.

Il s’agit de peintures, de sculptures, de lithographies, d’estampes et de photographies. Nous les avons puisées dans nos acquisitions, parmi les dons que nous avons acceptés pour les offrir à la collectivité. En 2005, les Lions Clubs d’Angers ont fait notamment une donation à Trélazé des 25 œuvres acquises au fil des ans, (premiers prix des Salons de printemps). Depuis la collection s’est annuellement accrue des 1er prix successifs du Salon.

Pour faciliter la lecture des expressions artistiques et la compréhension des styles dont la typicité de certaines nécessitent des dispositions particulières de voisinage, nous avons opéré une sélection et reclassé ces œuvres par genres.

De la première exposition en 1996, organisée dans un gymnase en reconversion à l’exposition que nous vous présentons en 2015, le chemin a été long, enrichissant et passionnant. C’est un peu de ce chemin que nous vous offrons avec cette exposition.

 Marc Goua

Député-maire de Trélazé

 

Soli-séries d’une collection

 

Pour l’exposition de son 20ème anniversaire, le Festival estival a souhaité vous présenter quelques morceaux choisis, et non les moindres, parmi les œuvres de sa collection municipale et celle de la donation du Lions club d’Angers.

Vous pourrez découvrir, sous un jour nouveau, du fait de la scénographie, des œuvres d’artistes aux expressions très différentes les unes par rapport aux autres. Cette diversité ne s’exprime pas uniquement au niveau des factures des œuvres mais dans les cultures propres de leurs auteurs, dans le sens esthétique ou expressif du message, tantôt subliminal, affirmatif, narratif ou encore imaginatif.

Citons : Amaury, Valerio Adami,  Pierre Alechinsky, Atila, Joël Baudouin, Edward Baran, Belmo, Jean-Pierre Bocquel, Paul Boulitreau, François Cacheux, Alexandre Calder, Manuel Carneiro, Christine Chauviré, Miguel Chevalier, Jean Commère, Jean Coté, Sandra Courlivant, Jacques Doucet, Guy Fagette, Bernard Filippi, Corinne Forget, Sylvain Gaudenzi, Marie-Christine Gayffier, Daniel Germain, Goa, Josep Grau Garriga, Anne Goujaud, Valentin Greck, Jason Johns, Yveline Laigre, André Lanskoy, Libo, Martin Lersch, Adrien Mercier, Marie-Line Montécot, Michel Moreau, Moullin, Jean Pons, Jean-Claude Rétif, Joël Rougié, Marc Sparza, Félix Trost, Raoul Ubac, Anne-Marie Valencia, Bram Van Velde, Pete Wagner, Edwige Witvoet, Nicholas Wood…

Nous nous sommes appuyés sur nos archives artistiques qui, bien que récentes, témoignent de l’histoire municipale et de la diversité des courants et des expressions artistiques qui l’ont traversées. Pour exposer un tel kaléidoscope, nous avons imaginé une mise en scène de séquençage. Ce jalonnement permettra d’offrir des stations où l’accumulation de matériaux divers favorisera l’émergence des ces œuvres assemblées par familles, par grandes familles. Cette présentation par métaphores ambitionne l’unique objectif d’emmener le visiteur ailleurs, dans un espace ressenti, assurément plus personnel.

Ce regard en arrière, à n’en pas douter, est une projection vers l’avenir. L’œuvre d’art anticipe par nature l’éternité du sens. Si le sens est une composante de l’art, l’art ne se suffit pas d’un seul sens, d’une seule signification ; Il représente le monde dans un autre espace de dialogue, entre l’être et l’œuvre. Le lieu d’exposition devient alors une assemblée, une arène où s’échangent des mots silencieux et des émotions.

Mardi 21 juillet, nous ouvrirons l’exposition en soirée de 20 heures à 22 heures pour une visite-lecture. Nous l’avons intitulée « Des œuvres et des mots d’Yves Bonnefoy ». Ces textes suggestifs par rapports à certaines œuvres seront lus par Jocelyne Renou, maître de conférence à l’UCO et à l’université d’Angers.

Claude-Henri Sellès

Commissaire de l’exposition

 

 

 

 

 

Une semaine pour se rappeler et partager le souvenir de « l’impossible oubli » :
du 30 mai au 6 juin

photo J

Au programme samedi 30 mai :

Départ à 9h30 des Anciennes écuries pour participer à la marche du souvenir (vers le parvis de la mairie, une rose blanche à la main).
Dépôt des roses sur la bannière de la déportation, au pied de la statue Cacheux, symbole de la résistance.
Chorale des enfants, lectures de textes et lâcher de colombes.
Retour aux Anciennes écuries : évocation et partage du souvenir.

Retrouvez toute la programmation de la semaine commémorative, ici

 

 

 

 

 

35ème SALON DE PRINTEMPS DU LIONS CLUBS

Exposition de peintures et sculptures

Du 25 avril au 10 mai

Tous les jours, de 14h à 19h

Entrée libre

 

Après des débuts modestes à la Galerie Guémard (11 artistes), ce salon, créé en 1981, expose ses œuvres aux Anciennes écuries des ardoisières de Trélazé depuis 2007.

Cette année, le salon compte 135 participants proposant plus de 200 œuvres. Parmi eux, deux invités d’honneur :

– en peinture : Eva Gohier

– en sculpture : Patrice Lebreton

Mettre en contact les artistes et le public pour faire découvrir et connaître de nouveaux talents est un des rôles essentiels du Lions clubs. Cette manifestation est le fruit d’une action commune aux cinq Lions clubs d’Angers Cité, Val de Maine, Roi René, David d’Angers et Ronceray ainsi que Léo Club d’Angers.

Des prix sont décernés aux artistes par le jury composé de représentants de la ville, d’artistes et d’autres partenaires :

  • le premier prix du Lions clubs de 1500 € (- de 60 ans),
  • le prix de sculpture de 400 € (LogiOuest),
  • le prix de la ville de Trélazé (une médaille au nom de l’artiste),
  • le prix Crédit Agricole,
  • le prix spécial clinique Saint-Joseph (500 € ainsi qu’un mois d’exposition),
  • le prix Jean-Pierre Cotinier (ex Topographic), 15 jours d’exposition dans l’espace accueil de l’imprimerie ainsi que la couverture publicitaire de l’artiste (affiches et cartons d’invitation),
  • le prix 49 Regards,
  • le prix Dalbe : bon d’achats pour matériel artistique.

Trois mots résument l’esprit de l’association : découverte, ouverture et promotion.

 

 

 

 

 

Joël Rougié – Exposition de peintures du 4 au 12 Avril 2015 (fermé le 9)

 

rougier expo

 

 

 

 

 

 

Manhal Issa

Transgressions

Exposition de peintures contemporaines

Visible du 7 au 29 mars 2015

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Le pinceau de Manhal Issa

Des silhouettes humaines et des végétations,

des fantômes des chevaux rétifs et des ombres tendues

se décomposent, titubent et se laissent choir.

Ce n’est que le tissage des nuages de la couleur ; des nuages dont le pinceau ne cesse de créer l’alchimie.

Et dans ces nuages, se trouvent des danses que la musique des couleurs accompagne.

Dans ces nuages, se trouve un chant que dirige un orchestre fait de lignes, d’ornements et de cercles,

La toile s’échappe de sa matrice sous forme de bourgeons qui s’ouvrent et des étincelles qui scintillent.

C’est le pinceau de Manhal Issa qui se retourne dans l’eau du commencement.

L’intérieur se révèle au pinceau, tel l’encre d’une artère qui jaillit pour dessiner les reliefs de l’extérieur.

L’intérieur et l’extérieur forment un seul désir ; c’est le désir de deux amants qui se retrouvent.

Chacun étreint le lieu pour célébrer ces retrouvailles.

La couleur du pinceau est un habit des lieux,

comme si un caillou portait l’habit d’une rose, et la rose le châle d’une femme.

Le temps semble sous ces formes partager son corps entre un matin qui veille au seuil de la nuit

et une nuit qui guette ses chevaux dans les forêts du corps.

– Adonis –

L’autre visage des abstractions de Manhal Issa

Les dernières œuvres de l’artiste Manhal Issa (réalisées au cours de l’année 2014) cumulent diverses problématiques de la peinture ainsi que certaines philosophies de création d’œuvres tant anciennes que contemporaines. En effet, je réalise chez lui l’obsession rêvée d’être happé par les débuts de l’abstraction (au milieu du vingtième siècle) ainsi que la volonté de suivre son évolution jusqu’à la tragédie qui a frappé les formes après la seconde guerre mondiale, et l’absurdité de ses échecs abstractifs.

Le style de cet artiste dépasse les limites de l’abstraction lyrique, mais reste lié à une mémoire antérieure à cette période, et ce notamment dans l’usage de la lumière par le cumul de ses couches et dans le jeu d’éclairage des œuvres.

Ces éléments expliquent le passage de Manhal Issa d’un langage artistique subtil (pour éviter de qualifier son harmonie de « statique ») à une folie de peinture et une explosion d’expressionnisme évoquant un volcan en éruption. Cet éclatement résulte, d’après ce que j’ai vu, de la pluralité des problématiques dans l’œuvre et leurs confrontations. Celles-ci balancent (sans la moindre rupture ou contradiction) entre les reliquats de l’abstraction lyrique, dont la page a été tournée pendant les années soixante, et la violence expressive du mouvement Cobra, notamment celle d’Asger Jorn, qui exprimait sa propre vision des années soixante-dix et des années suivantes. Ce balancement synthétique apparaît si dépourvu de toute sorte de fanatisme qu’il pourrait presque s’agir d’une régression réactionnaire ou d’un enthousiasme moderniste, erreur commise par la plupart des artistes de son époque.

Les peintures de Manhal n’assemblent point ce qui ne peut s’assembler en couleurs et en graphisme, mais harmonisent l’expressionnisme contemporain avec une marque radieuse, mélodieuse et mystique.

Afin de mieux comprendre les spécificités de ces deux aspects, qui parfois se rejoignent et parfois s’opposent à d’autres, nous devons examiner indépendamment chaque élément avant de les fusionner, et ce malgré le risque de diviser ce qui n’accepte division en matière d’unité d’expression.

  1. Le sujet

La grande majorité des artistes jeunes de la génération de Manhal Issa sont totalement détachés des requêtes idéologiques dans leurs mères patries et même partiellement détachés de leurs appartenances culturelles. Cependant, leurs œuvres disposent de dimensions humaines, et comment pourrait-il en être autrement alors que la tragédie touche les proches et la société ? La tragédie de la période ne peut être refoulée, et ses échecs ne peuvent éviter le reflet du miroir malgré la distance et l’expatriation. La tragédie de cette époque de meurtre, d’égorgement, de torture, d’exil, d’exode, de massacre d’un nourrisson pour son identité, d’une mère pour son appartenance à une certaine tribu, et d’un père uniquement parce qu’il est toujours en vie malgré le viol de son épouse et de ses filles… La tragédie d’un propre suicide diabolique et la transformation de la surface d’une patrie en cimetières, prisons et champs de batailles où la faux de la mort s’attaque à tout, telle la faux de Hulagu et Gengis Khan ou des Khmer rouges, telle la faux qui s’est abattue sur des villes comme Hiroshima ou Pompéi.

Dans les toiles de Manhal, s’amusent des esprits diaboliques et catastrophiques, des monstres humains zoomorphiques expérimentant la nuit et la vie de sentinelle dans les cimetières. Des créatures aux membres morcelés et dispersés, avec des masques livides de peur, de faim et de mort.

  1. Le graphisme

Souvent, les créatures de Manhal sont dévoilées, déguisées en marionnettes du théâtre d’ombre populaire, et c’est à partir de là que nous entrons dans le domaine du graphisme avec des traits noirs et des empreintes mécaniques qui renforcent la barbarie de l’ambiance de l’œuvre. Des traces de roues de trains, de chars, de bulldozers, de tanks qui se dirigent vers des voies s’opposant aux bords de la toile, dessinant ainsi des angles aigus étranges et provocants. Le noir de ces angles est reflété graphiquement par les morceaux des personnages de « marionnettes d’ombre » fantomatiques et amputées survolant des villes dévastées.

En général, la topographie de la formation du vide repose sur une analyse graphique abstractive, articulée géométriquement, contrairement aux harmonieux fantasmes chromatiques primaires et secondaires.

  1. La couleur sculptée

Les pâtes généreuses, le pinceau tendu et les pigments nets et ardents : voilà où réside l’élément principal. En effet, l’influence chromatique avec ses taches et ses touches harmonieuses, avec ses sculptures et ses matières diverses, avec l’explosion de ses molécules et ses éruptions volcaniques, avec la rage de son pinceau et de ses matériaux, avec l’usage de la main de l’artiste et le frottage direct de ses propres vêtements, avec le jeu des textures aussi différentes dans leurs pigments chauds ou froids, avec l’entassement de légères couches lumineuses, avec tout cela donc l’influence chromatique révèle une grande expérience accumulée par l’artiste dans la maîtrise des techniques d’étalement des couleurs, leur arrangement, leur destruction par recouvrement pour ensuite les construire à nouveau en repartant de zéro.

C’est ainsi que ces surfaces graphiques internes ou masquées apparaissent comme une terre qui ancre l’explosion de la couleur et renforce le côté nocturne du sujet.

Force est de constater que le fusionnement de ces trois éléments distincts n’est pas chose aisée, ce qui fait de l’œuvre une synthèse constitutive et uniforme manifestant la douleur du deuil d’une part, et, d’autre part, la vivacité des jeunes éléments plastiques.

Le produit essentiel de cette synthèse est une œuvre qui se situe au confluent de l’abstraction et de la figuration, de la similitude et de la transcendance.

Assaad ARABI

Artiste français d’origine libanaise.

Enseignant pendant plusieurs années à l’école des Beaux-Arts de Damas.

Doctorat en esthétique de l’art à la Sorbonne.

 

Exposition Guerre et Paix

Du 10 janvier au 22 février 2015

 

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Cette exposition thématique commémore le 70 ème anniversaire de la fin de la Seconde Guerre Mondiale.

19 artistes et adhérents de l’Association des Ateliers d’Artistes y exposent leurs œuvres :

– Claire ALARY
– Bruno ANTONY
– Pierre BRUNELLIERE
– Marie-Christine CHUDEAU
– Vincent CHUDEAU
– Béatrice CORFMAT-MOULUN
– Anne-Marie DONAINT-BONAVE
– Monique GAURIAU
– Louis HAREL
– Michel HENOCQ
– Hervé ROCHE
– Patrice LEBRETON
– Pascale MESSINA
– Anne MOREA
– Carole NICOLAS
– Guadalupe POL
– Ali SILEM
– Brigitte TOUVRON
– Nicholas WOOD, président de l’Association des Ateliers d’Artistes.

Vous y trouverez de nombreuses techniques et expressions artistiques : peintures-installations-vidéos… .

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